Notre bâtiment

Baraka, un bâtiment exemplaire et vivant

En bref

Construit avec la terre, le bois et la paille

Notre bâtiment est construit avec des matériaux naturels et locaux : la structure et les planchers sont en bois d'origine locale, l'isolation est assurée par de la paille du Pas-de-Calais et de la ouate de cellulose, et les murs sont recouverts d'enduits naturels à base de terre, de chaux et de sable.

La toiture et les façades sont végétalisées, les peintures et les sols sont formulés sans pétrochimie. Nous avons aussi intégré une ventilation double-flux qui récupère la chaleur de l'air intérieur, et le bâtiment est orienté plein sud pour capter les calories solaires au maximum.

Le tout a été conçu avec l'architecte Matthieu Marty, avec une ambition forte : un lieu sain, sobre et ancré dans son territoire.

« Créer du lien social, de la convivialité, du vivre-ensemble, et participer à la ré-invention d'une façon d'habiter et de vivre la planète respectueuse des êtres humains et des autres espèces. »

Préambule des statuts de la coopérative, 2009

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Suite à l'incendie de 2012, le niveau d'étanchéité à l'air initial n'a pas pu être entièrement conservé lors de la reconstruction. Le bâtiment n'est donc pas passif au sens strict, mais il reste très performant et, surtout, très agréable à vivre.

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Intérieur — structure bois apparente

Les chiffres clés

Des matériaux qui parlent d'eux-mêmes

0,17
W/m²·°C

Coefficient thermique de l'isolation en bottes de paille — une performance remarquable pour un matériau naturel.

300
dm³ / m²

Volume de bois dans la seule structure portante — un puits de carbone intégré au coeur du bâtiment.

< 200
km de rayon

Le bois vient de moins de 200 km, la paille de la métropole lilloise, la terre de moins de 150 km. Un ancrage territorial fort.

Pour aller plus loin

Le dossier technique complet

Ce qui suit est le dossier technique original, rédigé en 2010 avant la construction. Nous le conservons tel quel : il a une valeur historique et témoigne de la rigueur avec laquelle le projet a été pensé. Vous pouvez aussi télécharger la fiche complète en PDF.

Fiche technique complète

Le document de référence du projet, au format PDF.
Télécharger la fiche technique (PDF)
Conception bioclimatique
La conception bioclimatique vise à utiliser les ressources naturelles du site (soleil, vent, végétation) pour assurer le confort thermique du bâtiment avec un minimum d'énergie. Le bâtiment est orienté plein sud pour maximiser les apports solaires passifs en hiver. Les vitrages sont concentrés côté sud et réduits côté nord. Les espaces tampons (couloirs, sanitaires) sont positionnés au nord. La végétation côté sud est caduque pour laisser passer le soleil en hiver et ombrager en été.
Isolation
Les murs sont isolés par des bottes de paille de blé du Pas-de-Calais, posées à plat entre les montants de la ossature bois. L'épaisseur est de 36 cm côté murs, ce qui donne un coefficient thermique U de 0,17 W/m²·°C. La toiture est isolée en ouate de cellulose soufflée, sur 40 cm d'épaisseur. Le plancher bas est isolé en liège expansé. Ces matériaux biosourcés ont une faible énergie grise et sont sains pour les occupants. La paille est un sous-produit agricole local, disponible en grande quantité dans la région.
Étanchéité à l'air
L'étanchéité à l'air est un enjeu majeur pour les bâtiments très isolés : sans elle, les déperditions par infiltration d'air peuvent annuler le bénéfice de l'isolation. Le projet initial visait un niveau passif (n50 < 0,6 vol/h). La membrane d'étanchéité à l'air est constituée d'un enduit intérieur continu en terre-paille, appliqué sur toutes les parois. Les points singuliers (jonctions murs/planchers, passages de réseaux) ont fait l'objet d'un soin particulier. Suite à l'incendie de 2012 et à la reconstruction partielle, ce niveau n'a pas pu être entièrement conservé, mais l'enveloppe reste très performante.
Ventilation double-flux
La ventilation mécanique contrôlée double-flux permet de renouveler l'air intérieur tout en récupérant jusqu'à 90 % de la chaleur de l'air extrait. L'air neuf entrant est préchauffé par l'air vicié sortant, via un échangeur thermique. Cela permet de maintenir une qualité d'air excellente sans perdre la chaleur accumulée dans le bâtiment. Le débit de ventilation est calculé pour assurer un renouvellement d'air suffisant selon l'occupation. Les bouches d'insufflation sont positionnées dans les pièces de vie, les bouches d'extraction dans les pièces humides.
Inertie thermique
L'inertie thermique désigne la capacité d'un matériau à stocker et restituer la chaleur. Elle est assurée ici par les enduits en terre sur les parois intérieures et par les dalles en béton de chanvre au sol. Ces matériaux absorbent la chaleur en journée et la restituent la nuit, lissant les variations de température. C'est un complément indispensable à l'isolation pour assurer le confort été comme hiver. La masse thermique est positionnée à l'intérieur de l'enveloppe isolante pour être efficace.
Énergie solaire
Les apports solaires passifs couvrent une part significative des besoins de chauffage en mi-saison. Des panneaux solaires thermiques en toiture assurent la production d'eau chaude sanitaire. L'installation est dimensionnée pour couvrir environ 60 % des besoins annuels en ECS. Un ballon de stockage tampon permet de lisser la production sur plusieurs jours. La surface de capteurs a été calculée en fonction de l'occupation et des besoins estimés du lieu.
Confort d'été
Le confort d'été est assuré sans climatisation. Les débords de toiture et les casquettes solaires sont dimensionnés pour ombrager les vitrages sud en été (soleil haut) tout en les laisser ensoleillés en hiver (soleil bas). La végétation en façade participe également à l'ombrage et au rafraîchissement par évapotranspiration. La ventilation nocturne permet de purger la chaleur stockée dans la journée. La toiture végétalisée limite les surchauffes par rapport à une toiture classique.
Fondations et structure
Les fondations sont en béton de chanvre banché sur longrines béton. La structure portante est une ossature bois en douglas local, provenant de forêts situées à moins de 200 km. Les planchers sont en bois massif. L'ensemble représente environ 300 dm³ de bois par m² de surface, ce qui en fait un puits de carbone significatif. Le bois est traité en classe 2 (hors sol, sous abri) sans produits biocides, par des méthodes mécaniques (rabotage, séchage).