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RELANCE DE BARAKA

dimanche 25 novembre 2018, par Pierre

PROPOSITION FINALE

Pourquoi recapitaliser/refinancer la Scic plutôt que créer une SCI ?

Une histoire à rebondissements faite d’agilité.

On était donc au bord du gouffre. Plus de trésorerie, plus de cuisinier.ère, plus assez de chiffre d’affaires, plus les moyens de rembourser les prêts, plus assez de client.es, plus de confiance.

On avait donc décidé en assemblée générale de monter une société civile immobilière (SCI) pour racheter l’immeuble à 400 000€ et, avec cet argent, de rembourser les prêts et les dettes, de payer nos fournisseurs, de réaliser quelques travaux pour repartir du bon pied. Il s’agissait de désolidariser le bâtiment du risque lié à l’exploitation, à l’activité économique : éviter qu’un dépôt de bilan ne nous fasse perdre un bâtiment remboursé à 60%.
On était donc parti.es sur l’idée de louer le bâtiment par niveaux : au rez-de-chaussée, une activité de restauration et au R1 et R2, de la location de salles de séminaires. Nous ne devions plus mettre un doigt dans la gestion d’un restaurant et peut-être encore un peu dans celle d’une activité de location.

Et puis ce scénario ne s’est pas réalisé. D’abord parce que 2 porteurs de projet pour la location du restaurant se sont successivement retirés juste avant de signer : l’un pour des raisons de santé, l’autre parce qu’une opportunité dans le Vieux-Lille lui a paru plus alléchante que l’eldorado roubaisien. Ensuite parce qu’aucune banque n’a voulu prêter les 350 000€ nécessaires, en plus de nos apports, pour financer cette SCI… parce que nos ami.es banquiers ont regardé la note de la Scic Coopérative Baraka auprès de la Banque de France et l’ont trouvée vraiment trop mauvaise. C’était pour eux trop risqué de refinancer en l’état ce qu’ils perçoivent comme un canard boiteux.

En parallèle, sous l’impulsion de Fatima, le restaurant a rouvert le 22 octobre dernier. Un solide petit groupe de sociétaires et non-sociétaires se mobilise pour contribuer à son fonctionnement. Et ça marche : 26 personnes en moyenne par service à midi depuis un mois.

En parallèle aussi, l’UPC se refait une santé sur le projet “ferme urbaine du Trichon” et investit Baraka. Contre loyer, l’Université populaire et citoyenne s’installe au quotidien dans Baraka et assume l’animation de la fabrique de biens communs sur la thématique de la transition écologique et sociale. L’UPC vient en effet d’obtenir le financement d’une recherche-action entre chercheurs et citoyens de 3 ans sur le thème : “transition et quartier populaire, pour une économie de l’’entraide”. Cette recherche s’appuie sur les expérimentations en cours : Collectif des paysans urbains du Trichon, groupement d’achats El’Cagette, Autrement qu’ainsi-Habitat écologique partagé, atelier cuisine la Marmite, atelier Maison vélo Roubaix”.

Début octobre, le Conseil municipal de Roubaix a voté la charte de co-construction
co-écrite pour faire vivre ces expérimentations sur la friche Nollet et Crouy, face à Baraka. La Mel et l’ensemble des porteurs l’ont très officiellement signée le 6 novembre.

Face à la frilosité des banques et face à l’amorce de dynamiques endogènes, on s’est alors dit : soyons nos propres banquiers. Deux d’entre nous réalisent que si 10 personnes mettent chacune 50 000€ sur la table, l’affaire est réglée. Comme charité bien ordonnée commence par soi-même, ils mettent effectivement cette somme sur la table. C’est alors qu’au sein du Conseil à la gérance, on en est venu à comparer 2 hypothèses : constituer une SCI selon le schéma exposé ci-dessus et refinancer/recapitaliser la Scic Coopérative Baraka.

Après avoir listé les avantages et les inconvénients, les menaces et les opportunités, nous proposons le scénario 2. Parce qu’il évite les coûts et contraintes de la vente du bâtiment, parce qu’il conserve l’ambition politique de la Scic et redéfinit la mise en œuvre de son objet. Le bâtiment devient la ressource commune à la préservation de laquelle chacun.e contribue et dont chacun.e peut jouir selon des règles décidées en commun.

Au final, on ne change rien mais on change tout. L’objectif est de maintenir les fonctions initiales de Baraka, restauration-fabrique de biens communs mais en cherchant à augmenter le flux, la mixité sociale et l’ancrage territorial. Pour cela, au rez-de-chaussée, on maintient une activité restaurant frais-bio mais plus populaire, familiale et contributive. Nous travaillons à compléter cette offre par des ouvertures avant et après le service repas du midi. Des soirées bar associatif, le café-journal le matin, des après-midis salon de thé, des brunchs le week-end, des nuits - traiteurs, etc. Des contacts sont en cours. Dans les étages, nous travaillons à l’organisation d’une communauté de “co-workers” avec entre 10 et 15 postes de travail à louer à l’heure, à la journée ou au mois qui viendrait s’intercaler avec des locations de salles et les activités UPC. Baraka se construit une nouvelle identité “tiers lieu” en renforçant la dimension contributive bénévole et en affirmant son ancrage au territoire.

Jean-Pierre a donc rebâti un plan d’affaires à partir de ces hypothèses. Ça tient... à deux conditions : tenir les objectifs de chiffres d’affaires, accompagner leur montée en charge au cours des deux ans à venir.

C’est la raison pour laquelle, nous avons besoin de recapitaliser et de refinancer Baraka. Alors que nous avions besoin de 400 000 € (dont 250 000€ de prêts) dans l’hypothèse SCI, il suffit ici de 190 000€. Cette somme permet d’assurer le remboursement des prêts sur les deux prochaines années, de payer les dettes que nous avons auprès de nos fournisseurs (certains historiques), d’assurer un montant de trésorerie suffisant pour le développement du nouveau modèle économique, de provisionner le risque Septentrionale à hauteur de 40 000 € et le remboursement des parts des sociétaires sortants (demandes antérieures à 2014).

Sous réserve de confirmation, entre les promesses lors de la dernière assemblée générale et les engagements reçus depuis lors, la somme de 150 000€ est assurée. Le redressement est à notre portée. Il reste 40 000€ à trouver.

Pour constituer cette somme plusieurs options sont possibles :

apport en capital : réduction de l’impôt sur le revenu de 25% (ou 18% si la Commission européenne revenait sur le taux fixé par la loi de finances 2018 (Article 199 terdecies-0 A du code général des impôts), durée minimum de 7 ans.

apport en compte courant d’associé.e : 2% de rémunération annuelle versée à l’issue de 3 ans minimum d’engagement.

Les deux options sont accessibles aux anciens comme aux nouveaux sociétaires.

Pour détailler et valider ces orientations, que vous soyiez ancien.ne ou futur.e sociétaire, nous vous invitons à une assemblée générale le 5 décembre à 19 heures et à Baraka. Elle sera suivi d’un buffet.

D’ici là, nous vous adresserons le nouveau plan d’affaires et serons à votre disposition pour échanger autant que de besoin.

Pour le conseil à la gérance,
Vincent Boutry, gérant